ELEMENTS
POUR L’ELABORATION D’UNE POLITIQUE NATIONALE EN MATIERE
D’ECHANGE DE DONNEES OCEANOGRAPHIQUES
1.
Justificatif
Comme
la plupart des pays insulaires et en voie de développement, Madagascar
fait face actuellement à une croissance rapide de sa population
côtière. Il en résulte une dégradation rapide
des milieux marins et côtiers et des ressources qui y sont contenus.
Après l’agriculture, les ressources halieutiques tiennent
la deuxième place en matière de rentrée de devises
du pays et constituent des « ressources stratégiques ».
C’est dire l’importance du milieu côtier et marin
dans le développement du pays.
Beaucoup
de données existent dans ce domaine mais aucune structure n’a
été officiellement mise en place pour les gérer
permettant ainsi une facilitation de la disponibilité des informations,
le partage et l’échange des informations.
Ainsi,
dans la cadre de la Gestion Intégrée des Zones Côtières
et marines (GIZC), l’IOC/UNESCO a pris l’initiative de créer
un réseau d’échanges de données et d’informations
océanographiques entre les pays membres de la Commission Océanographique
Intergouvernementale, notamment les pays de l’Est de l’Afrique
et de l’Océan Indien.
L’Institut
Halieutique et des Sciences Marines de l’Université de
Toliara a été désigné pour assurer et assumer
le rôle de Centre National de Données Océanographiques
ou CNDO.
Ainsi,
dans le but d’initier la mise en place de cette structure de gestion
des données, l’IOC/UNESCO a mis en place et démarré
depuis 1989 certains programmes et/ou projets relatifs à l’océanographie
dont ODINAFRICA qui est un réseau d’échanges de
données et d’informations océanographiques pour
l’Afrique. Ce projet a pour but de fournir des informations détaillées
sur les activités prévues qui sont entre autres:
-
la mise en place de centres nationaux de données Océanographiques
opérationnels dans 7 pays de l’Afrique de l’Est dont
Madagascar;
- la mise en place d’un centre régional de diffusion de
données au Kenya;
- la formation des gestionnaires de données ;
- la mise en place de bases nationales et régionales de métadonnées
pour la région du nord et centre de l’Océan Indien
occidentale c’est-à-dire de l’Afrique de l’Est.
2.
Les objectifs du CNDO
Le
CNDO est une structure qui regroupe en permanence des données
océanographiques au niveau national.
Il a pour rôle de mettre à la disposition de la communauté
scientifique nationale et internationale les données et / ou
informations océanographiques dont la qualité est fiable
et assurée.
Il s’engage également à partager ces données
et information avec un Centre de données mondial.
Le
CNDO a pour objectifs de :
- mettre en place une base de données adéquate et fonctionnelle;
- prioriser les nécessités nationales en matière
de données et informations océanographiques;
- établir une structure opérationnelle et pérenne;
- mettre en place une infrastructure adéquate ou appropriée
aux besoins du pays et former le personnel;
- favoriser la création d’un réseau national d’échanges
et d’utilisation des données et des informations;
- promouvoir les échanges avec les réseaux nationaux,
régionaux et internationaux
- compléter les lacunes.
En
retour, il peut bénéficier selon ses besoins des données
venant d’institutions et/ou de réseaux internationaux similaires.
3.
Les principes de base
Deux
principes devraient techniquement conduire le fonctionnement du CNDO:
- la transparence et la participation : qui devrait être le leitmotiv
du CNDO. Il est pour cela fortement conseillé au CNDO de promouvoir
la coopération avec et entre les différentes institutions.
Il doit également encourager le partage et la dissémination
de l’information sur toutes les activités océanographiques
et côtières. Par ailleurs, il devra reconnaître aux
parties prenantes le droit à la participation pleine et entière
à l’utilisation du CNDO.
-
le concept d’anticipation par lequel, les institutions adhérant
au réseau s’engagent à coopérer pour fournir
des données qui seront nécessaires à des études,
projets ou programmes nationaux prioritaires.
4. Les principes opérationnels
Coordonner
et intégrer le système d’information sur les zones
côtières et l’océanographie.
Des
volumes importants de données émanent des divers recherches,
programmes scientifiques et projets océanographiques. Cela exigerait
une aptitude à recueillir les données disponibles, à
contrôler leur qualité, à les analyser et les convertir
pour constituer un ensemble cohérent dans un système de
base de données. Le suivi de cette démarche nécessite
l’adoption des principes suivants :
·
Développer un système d’information visant à
améliorer la coordination des activités du secteur océanographique
;
· Mettre en place une méthodologie tenant compte des aspects
organisationnels de la gestion des informations sur les zones côtières
et les données océanographiques
· Respecter les normes pour l’établissement et la
collecte de documents en vue de la constitution de la base de données
;
· Concevoir un système de contrôle efficace de données
pour garantir la qualité de la base de données ainsi constituée
;
· Assurer une meilleure structuration des informations pour qu’elles
soient utilisables dans un système de gestion de base de données
;
· Mettre à jour les données susceptibles de varier
dans le temps afin de conserver leur valeur historique.
Cette
action de coordination du secteur océanographique est très
importante car elle met l’accent sur l’intégration
des données de sources multiples qui seront essentiellement sous
forme de textes, de graphiques, de plans, de cartes, de statistiques,
etc.
Par ailleurs, cette action permet de faire face aux exigences des nouvelles
technologies de l’information et aux transformations des besoins
et des moyens.
Compléter
les lacunes en matière d’information océanographique
y compris le rapatriement des données
Etant
donnée que Madagascar dispose de très peu de données
sur les paramètres physiques du milieu marin, il est grand temps
que des efforts soient effectués pour pallier à ces lacunes.
Par conséquent, Madagascar doit se doter d’une stratégie
efficace pour acquérir les moyens matériel et financier
nécessaires au développement de la recherche océanographique.
Les
Institutions de recherches étrangères ayant travaillé
dans la zone maritime malgache détiennent la majorité
des données océanographiques qu’elles ont pu obtenir
lors des différentes campagnes.
Les
actions urgentes à entreprendre peuvent être résumées
ainsi :
·
Négocier le rapatriement ou la duplication des données
océanographiques auprès des pays détenteurs, par
voie diplomatique ou par l’intermédiaire de l’IOC/UNESCO
;
· Créer un réseau de spécialistes / compétences
dans les domaines de l’utilisation des données satellitaires
;
· Dynamiser les équipes de recherches pour effectuer régulièrement
des mesures sur le terrain des différents paramètres physiques
( pH, température, salinité, bathymétrie, houlométrie,
courantométrie,...) dans les stations côtières déjà
existantes ;
· Inciter les océanographes à publier leurs résultats
de recherches par le biais de contrats programmes avec le CNDO.
Assurer
la compatibilité des données et leur valorisation
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